domingo, 20 de maio de 2012

En Marie le soleil de Dieu ne fait point d'ombre

Cette piété mariale, cette piété sensible dont je m'étais un peu méfié, je dois vou avouer que je l'ai retrouvée, un jour, je ne sais comment --- les grâces divines viennent comme elles veulent... l'Esprit souffle où il veut --- je l'ai retrouvée, dis-je, non plus dans la sensibilité, no plus dans l'imagination, mais comme une révélation, dans l'Intelligible, au-delà de l'Intelligible, dans le Sacré, au noyau même de l'Esprit, là où l'existence se noue à l'essence, dans ce monde inaltérable auquel nous participons tous un peu.

Ce fait prodigieux: La virginite maternelle

Eh bien! je voudrais vous dire deux mots simplement, deux paroles, que me semblent indiquer la valeur de Signe, la la valeur d'Exemple que représente pour toutes les époques, et en particulier pour notre époque, ce fait prodigieux de la Virginté maternelle. Ce sont des mots que nous prononçons très facilement, et nous ne voyons pas l'abîme qu'ils recouvrent. Deux grandes leçons d'éternité, paticulièrement adaptées à notre temps, faites pour notre temps, avec sa vaine et son impure agitation.

Marie, précisément Vierge et Mère! quelle leçon! quel signe! quel exemple!... Vierge, mais no stérile! Féconde, sans revers d'impureté! Intacte et jaillissante! une fontaine fermée, un vase scellé, comme dit l'Ecriture, d'où jaillit la source immortelle.

Trop souvent, ce qu'on appelle virginité s'accompagne de stérilité. Dans tous les domaines. Les champs de neige sous les étoilles sont magnifiques, mais rien n'y pousse, tandis que là où pousse quelque chose, trop souvent, il y a trop d'impuretés. La forêt sous les Tropiques est grouillant de vie, mais en même temps, grouillante d'impuretés. Il en est de même dans le domaine humain; il y a trop souvent une antithèse entre la pureté et ce qu'on appelle l'efficacité; trop souvent "ceux qui ont les mais pures, n'ont pas de mains!" comme disait Péguy qui le leur reprochait assez. Et ceux qui travaillent ont les mains sales!... c'est infiniment regrettable!

Seulement, tout cela n'est vrai qu'à un certain niveau. Plus on s'éleve, plus on va vers l'altitude, plus le choses qui, en bas étaient opposées, s'unissent, deviennent complémentaires. Quel était le poète qui, parlant de la Sainte Vierge disait: "O, toi, par qui s'unit en haut tout ce qui se sépare en bas!" C'est parfaitement vrai! En haut, la pureté et la fecondité, se rejoignent. La Virginité peut se communiquer, et se communiquer sans se dégrader, sans s'avilir, sans se souiller, un peu comme les rayons du soleil qui se posent, sans se salir, sur toutes les impuretés de la terre.

La Sainte Vierge nous offre l'exemple suprême, l'exemple absolu de cette synthèse. Cette virginité a donné Dieu au monde. C'est bien cela vraie efficacité... Il y a là, je crois, quelque chose d'essentiel. Sophocle disait déjà qu'il y a au fond des choses une adorable pureté. Si nous savons aller jusqu'à cette pureté qui est au fond des choses, si nous savons nous en imprégner, nous pourrons, même ici-bas, être efficaces, être utiles, être féconds sans dégrader notre idéal. Et sans avoir besoin pour agir d'admettre les compromissions, les impuretés, le tapage! Leçon prodigieuse pour l'activisme du siècle.

CE QUE LE SIECLE FAIT DE LA FEMME: UNE IDOLE, QUELQUE CHOSE D'EMPAILLE

Deuxième leçon (il y en aurait cent! mais je suis obligé de me résumer, je vous dis simplement quelques mots). Vous savez que notre siècle est un siècle d'érotisme, c'est le moins qu'on puisse dire!... d'adoration, en quelque sorte servile et stupide de la femme. Notre époque adore la femme, mais elle la dégrade en l'adorant, car il y a une forme d'adoration, qui est très voisine de l'insulte, qui d'ailleurs va très vers l'insulte. Quand l'adoration est déçue, elle détruit les idoles. Entre l'idolâtre et l'iconoclaste, il n'y a qu'un pas à franchir, et il est vite franchi en géneral!

Enfin, notre époque, en adorant la femme la dégrade en en faisant non seulement un objet de plaisir (ce que serait encore le moin mal, ou encore peut-être la chose moins impure, car le plaisir a tout de même d'étroites limites dans le temps et dans l'espace), mais elle en fait une espèce d'idole cérébrale, abstraite, qui imbibe toute l'imagination, qui flotte comme une espèce de vapeur dans l'atmosphère que nous respirons. Elle en fait une image de la femme qui n'a aucun rapport avec la femme, une image abstraite de la femme, une image irréelle. Toutes ces images de femmes, qui traînent partout, dans tous les journaux, sur toutes les affiches, partout, qui imbibent notre époque, avez-vous remarqué à quel point elles sont irréelles, à quel point elles se ressemblent toutes? Même allure, même ligne, même galbe, même sourire plus ou moins figé, tout à fait stéréotypé. C'est vraiment l'idole, quelque chose d'empaillé... et des jouets, n'est-ce pas?... des poupées!... oui, des poupées qu'on adore ou qu'on rejette, un pitoyable mélange de chair et de rêve, et l'amour est terriblement absent de ces jeux!...
Mais tout de même, il faut le reconnaître aussi, cette idolâtrie de la femme, si stupide qu'elle soit, comme toutes les idolâtries elle procède d'un sentiment profond dévié... Elle procède le l'intuition d'une réalité: La femme, porte de l'Absolu. La femme, source de la vie. Le Mythe antique des Mères. Tout cela représente quelque chose: l'idée que la femme nous rend à l'Origine, qu'elle nous rend au Principe, au Créateur, selon le mot de Lamartine, "Car l'homme éclos un jour d'un baiser de ta bouche, à jamais se souvient de sa première couche".

Il est bien certain que l'Homme cherche l'Absolu dans un être évidemment fragile et impur. Le seul bien de l'Eden qu'il ait emporté dans sa chute et dans son exil. Il n'a pas tort, certes, d'une certaine manière, mais il le cherche mal. Comme dans toutes les idolâtries, il cherche trop bas... Il ne remonte pas, jusqu'à la lumière qui nous a créés.

EN MARIE LE SOLEIL NE FAIT POINT D'OMBRE

Marie, elle, qui est en quelque sorte l'Archétype pur de la femme, elle nous attend au confluent de la femme et de la Lumière. Elle est la femme parfaitement transparente, toute baignée de lumière. Selon le mot admirable de Bérulle "En elle, le soleil de Dieu ne fait point d'ombre". C'est très beau une lumière sans ombre. Elle unit, dans ce sein qui a porté Dieu, l'étroite douceur des entrailles maternelles à l'Infini créateur du Verbe!... Il y a là un abîme!

Et ce mot de Médiatrice qui justement exprime parfaitement sa fonction de trait d'union entre notre origine terrestre et notre source divine. La femme en elle devient un pur chemin vers Dieu.

Malheureusement, l'homme, dans cet érotisme qui nous baigne partout demand trop: ce qu'il demande à la femme, c'est l'Eden. Il lui demand l'Eden sans le Ciel. Eh bien! ma foi, ce n'est plus possible. Victor Hugo dit quelque part, en parlant de la beauté féminine "C'est un tel idéal, mêlé d'un tel réel, que l'âme voit l'Eden et le préfère au Ciel!". C'est là, précisément, tout le drame de l'Homme, de préférer l'Eden au Ciel. Seulement --- il vaut autant que je vous le dise tout de suite --- il y a des utopistes (il y en a beaucoup dans notre société!) qui croient que l'Eden est une espèce de Chantier fermé pour cause de reconstruction. Je crois qu'un certain Eden est fermé définitivement. Oui! L'Eden étant fermé, c'est vers le ciel qu'il faut aller. Le Paradis terrestre, Dieu ne le donne pas, parce qu'il nous donne un bien infiniment plus précieux, et ce bien, c'est Lui-même, confié à une femme, pour être transmis à toute l'Humanité.

En d'autres termes, pour tout résumer, Eve est la porte condamnée de l'Eden, Marie est la porte ouverte du Ciel.

Je conclus: Telle est Marie, cette lumière, cette lumière de transfiguration qu'elle projette en quelque sorte sur la femme, et sur l'amour de la femme, est quelque chose de prodigieux; voilà l'exemple, voilà le modèle qu'on n'atteint pas, mais sur lequel nous devons toujours essayer de modeler notre action, notre pensée; le modèle éternel que nous devons essayer de reproduire. La femme doit respecter la Vierge en elle, et l'homme doit respecter la Vierge dans la Femme. Même dans la femme qui est femme, il y a an côte virginal qu'il ne doit jamais abolir; car en haut, dans le domaine du Sacré, la possession n'abolir pas la virginité.

C'EST TELLEMENT BEAU QUE C'EST SUREMENT VRAI

Mesdames et Messieurs, je parlais de cela un jour, à un incroyant, qui, très frappé, m'a dit: "C'est trop beau pour être vrai!" Eh bien, à cela je répondrai par le mot, je ne dis pas d'une "incroyante", car elle était chrétienne sans être catholique, si on peut dire, Simone Weil --- elle enseignait dans l'enseignement laïque, et n'avait pas à prende parti --- quand des élèves lui parlaient des dogmes catholiques et de leur plénitude, et lui demandaient: "Est-ce que c'est vrai?", elle répondait: "C'est tellement beau, que c'est sûrement vrai!". Et pourquoi, en effet, la réalité serait-elle laide? Le Beau est un transcendental comme le Vrai. Je crois qu'en haut le Vrai et le Beau doivent s'unir.

Et maintenant, Mesdames et Messieurs, je conclus: je voudrais que vous eyez senti un peu à travers mes trop faibles paroles, ce Mystère de Marie Médiatrice, ce lien entre la terre et le Ciel, cette porte du Ciel, cette étoile du matin, qui précède et qui annonce l'aurore.

Font:  Extrait de "L'Homme Nouveau", du 6 avril 1958

sexta-feira, 20 de abril de 2012

Lettre à Simone Weil sur l'Église

(...) Partout, et jusque dans cette société à l'âme divine qu'est l'Église --- je constate comme vous ce pharisaïsme, ce conformisme, ces fausses vertus et ces fausses gloires, tout ce mensonge du social menace en nous le fragile germe de la pureté divine. Et ce qui m'affecte le plus, ce n'est pas que ce mal soit réel et profond, c'est qu'il soit nécessaire, qu'il soit la rançon inévitable de la survivance d'une tradition sacrée, le ciment, non seulement de l'ordre et de la civilisation, mais de la maison même de Dieu et que, sans, lui, l'humanité verserait fatalement dans le chaos et la barbarie. Cette armure de conventions et de mensonges risque d'étouffer le germe divin et, en même temps, elle le protège. Il n'est pas possible de les dissocier que de séparer le bon grain de l'ivraie avant la moisson: ne forte eradicatis simul simul triticum. Dans l'Église comme ailleurs, le bien et le mal ne seront séparés qu'après la moisson, par Dieu, dans un autre monde. Ici-bas, ils sont indissolublement liés l'un à l'autre. C'est un scandale pour les faibles ou les demi-intelligents dont parle Pascal. Mais c'est une nécessité. Cela tient à la nature même de ce monde; une vie soumise à la durée et à la mort n'est pas concevable autrement: le mélange et la loi du temporel. Il faut bien que ce monde transitoire, où nous avons le double devoir d'accepter la vie tant qu'elle dure et de consentir à la mort quand elle vient, soit mêlé de bien et de mal. Car, s'il n'était que mal, comment consentirions-nous à vivre? Et s'il n'était que bien, comment nous résignerions-nous à mourir? Rien d'absolu ne peut exister dans ce qui passe, et c'est pourquoi, là où sont le bien et le mal purs, là aussi est l'éternité...

(...) Il est impossible à l'homme de vivre matériellement et spirituellement, il lui est même impossible de connaître et d'aimer Dieu sans le mensonge social. Toute révolte, toute anarchie mène à un nouveau conformisme, en général pire que celui qu'on a détruit (l'histoire moderne est assez éloquente à cet égard...). Il s'agit donc, non pas de rêver ou de poursuivre une pureté impossible, mais de reconnaître et de défendre la forme de société la moins impure: celle qui n'étouffe liberté, toute pureté intérieures; une gaine sociale avec des pores --- comme une peau --- par où le divin puisse pénetrer jusqu'aux âmes. Et c'est là qu'on mesure la nécessité et la bienfaisance de l'Église. Sans doute, en tant que société humaine, elle regorge de pharisaïsme et d'impuretés; elle fait encore trop belle la part de César, car ce qu'elle appelle Dieu n'est trop souvent que le masque de César, mais elle permet tout de même de rendre à Dieu un peu de ce qui est à Dieu. Hors d'elle, tout va à Cesar...

(...) Ce prodigieux édifice dont les fondements s'enfoncent dans les millénaires et dont le faîte se perd dans le ciel, cette oeuvre du temps qu'anime et couronne l'éternité, quels que soient ses recoins obscurs, ses parties caduques et ses ornements frivoles, je ne peux pas, je ne pourrai jamais refuser d'en voir l'équilibre profond et la grandeur unique et totale. C'est là, ce n'est que là que j'ai trouvé, enlacés comme deux amants, l'ordre et l'absolu qui, partout ailleurs, s'opposent et se dévorent. Les dogmes, les sacrements, la liturgie ont marqué mon âme d'une empreinte que rien ne pourra jamais effacer. Si (ce qu'à Dieu ne plaise!) je dois un jour me séparer de l'Église, ce sera au nom des exigences qu'elle aura fait naître en moi. Je pourrai la frapper avec mes mains, mais la force même de ces mains, je la tirerai de la nourriture qu'elle aura versée dans mes entrailles. Ma révolte sera toujours moins profonde que ma foi, et elle sera encore un acte de foi...

Fonte: "Gustave Thibon" - Les Dossiers H - Editions L'Age d'Homme, Lausanne, Suisse - 2012

segunda-feira, 26 de março de 2012

Aforisme

Pourquoi sommes-nous si sévères envers l'être aimé qui déçoit ou trahit? (alors que nous savons bien que nous ne valons pas mieux qui lui...) Précisément parce que nous lui demandions d'être en réalité ce que nous ne sommes qu'en rêve: véridique, désintéressé, fidèle, etc. --- Ce rêve incarné par un être qui ne fait qu'un avec nous étanche à bon compte notre soif de perfection et rachète, absout nos faiblesses: qu'importe notre misère puis-qu'elle est compensée par la richesse d'un autre nous-même? Celui comble notre égoïsme par sa cocilité et l'efface en même temps par des qualités que notre esprit possessif s'attribue spontanément! --- Aussi, quel désastre le jour de la déception: trahis dans notre volonté de puissance autant que dans notre désir de perfection, nous n'avons plus de tapis sous nos pieds,et plus d'étoile sur notre tête! Et tout l'univers s'écroule sur nous parce que nous n'avons jamais songé à construire sur le seul terrain qui nous appartienne: nous-mêmes. --- Toutes les fois que l'homme s'écrire: "Vertu, tu n'es qu'un nom!" c'est sur la misère des autres --- jamais sur la sienne --- qu'il s'exclame... (C. XXXVIII)

Fonte: "Aux ailes de la lettre" - Éditions du Rocher

domingo, 19 de fevereiro de 2012

Amor e fraqueza

A fraqueza mente quando fala de amor. Àquele que nada pode dar a si mesmo, ninguém lhe dará nada. Um homem só é capaz de dar e de receber na medida em que é capaz de se bastar. A sua capacidade de comunhão é prefigurada na sua capacidade de solidão.

Fonte: "O que Deus uniu" - Editorial Aster - Colecção Éfeso

sexta-feira, 3 de fevereiro de 2012

Réflexion

L´erreur individuelle, consciente, morale, est infiniment moins dangereuse que l´erreur généralisée, fondue, diluée, inconsciente, passée incognito dans les institutions, les coutumes, le climat. La plupart des aberrations morales conservent quelque chose d´accidentel, de curable, de révocable, tant qu´elles n´ont pas gâte le milieu humain. Mais quand l´âme de la Cité même est malade, l´individu est menacé, non plus seulement dans les parties supérieures de son être, mais dans son existence immédiate, dans son socle vital. Le "péché" devient proprement catasthophique quand il cesse d´être péché: quand il ne procède plus d´un choix individuel et délibéré, mais d´une conscience collective corrompue. Alors, il ne se borne plus à dégrader l´homme, il le détruit.


Ce mal socialisé, qui échappe (de toute l´etendue de ses infiltrations dans la vie et la nécessité) à la juridiction de l´esprit et de la morale, comment ne voit-on pas qu´il est absurde de vouloir le traiter uniquement sur le plan spirituel et moral? On méconnaît trop l´importance directe, pressante, tragique de certaines circonstances matérielles dont l´absence entraîne fatalement la ruine des plus hautes possibilités humaines. On se comporte commes des Amants de Venise qui attendraient de leurs seules conversations sidérales la conception d´une postérité! Pour l´homme du XXe siècle, saturé de superfluités, de vanités et "d´idéals", les problèmes d´ornementation de l´existence suffisent à effacer le problème de l´existence.

(C. IV.20.6.35)


Fonte: "Parodies et mirages ou La décadence d´un monde chrétien" - Editions du Rocher

Stella rectrix

Lembra-te de que nunca possuirás plenamente o céu neste mundo. Mas ai de ti se deixas de erguer os olhos para o alto! Nem pelo facto de não poderes voar, tens o direito de te deixares atolar. Os Magos nunca tocaram, com as mãos, a estrela que lhes guiava os passos. E, no entanto, seguiram-na fielmente por entre as ciladas e os desertos e através de todos os "desmentidos da experiência". E o astro inacessível conduziu-os ao Deus do céu, que se escondia na terra. É que a terra não descobre o segredo de suas entranhas senão a quem tem os olhos erguidos para o céu.

Não tentes apagar o astro que não brilha senão para te guiar. Conserva-te fiel a ele. Haja o que houver, aconteça o que acontecer. E encontrarás o ideal incorporado no real: a estrela do céu te ensinará o verdadeiro sentido na terra.

Fonte: "A escada de Jacob" - Editorial Aster - Colecção Éfeso